Infiltration d’eau au sous-sol: que faire ?

infiltration d'eau sous sol

Infiltration d’eau au sous-sol: d’où vient l’eau qui longe la fondation et comment l’arrêter

Les dégâts d’eau au Québec en chiffres

Ce que vivent les propriétaires d’ici, selon les données de l’industrie de l’assurance.
Première cause de réclamation
68 %
des réclamations payées en assurance habitation au Québec en 2024 étaient des dégâts d’eau.
Bureau d’assurance du Canada, 2025
Une facture qui fait mal
23 550 $
en moyenne par réclamation pour un dégât d’eau au Québec en 2024.
Bureau d’assurance du Canada, 2025
Réclamations chaque année
25 000
réclamations par année au Québec pour des infiltrations d’eau par le sol ou des refoulements d’égout.
Bureau d’assurance du Canada, cité en juin 2026

Une infiltration d’eau au sous-sol après la pluie commence dehors : il faut d’abord regarder le long de la fondation. Vous remarquez une flaque qui ne se résorbe pas contre le mur, puis une tache sombre au bas du mur du sous-sol, ou un suintement au joint entre le mur et le plancher. Chaque sous-sol mouillé a un chemin d’entrée, et ce chemin se remonte. Ce guide vous montre comment lire les signes, quoi faire pendant que le sous-sol prend l’eau, et quelle réparation règle vraiment le problème, de la simple rallonge de gouttière jusqu’au remplacement du drain français.

Quatre mots reviennent sans cesse quand on parle d’un sous-sol mouillé. Mieux vaut les distinguer dès le départ.

Infiltration
De l’eau venue du terrain qui traverse la fondation : par une fissure, par le joint mur-plancher, autour d’une fenêtre de sous-sol ou à travers le béton.
Refoulement d’égout
Un retour des eaux usées du réseau d’égout qui remonte par le renvoi de plancher, la toilette ou la douche du sous-sol. Ce n’est pas une infiltration, et le correctif est différent.
Condensation
L’humidité de l’air du sous-sol qui se dépose sur un mur froid. Le mur paraît mouillé, mais rien n’entre de l’extérieur dans le sous-sol.
Fondation ou solage
Deux mots pour le même mur de béton sous le niveau du sol. Au Québec, on parle aussi bien d’une infiltration d’eau par le solage que par la fondation.

Pourquoi y a-t-il de l’eau dans le sous-sol quand il pleut ?

Parce que la pluie s’accumule contre la fondation : le sol se gorge d’eau et la pousse vers le moindre passage du sous-sol, fissure, joint ou fenêtre.

  • Le toit concentre la pluie : il la recueille sur toute sa surface, et les gouttières la ramènent en quelques points.
  • Le terrain la dirige : si une descente se vide au pied du mur, ou si le terrain penche vers la maison, toute cette pluie se retrouve contre la fondation.
  • Le sol se sature : l’infiltration d’eau de pluie commence là, dans les premiers mètres autour de la maison. Le sol pousse alors sur le mur et sous la dalle : c’est la pression hydrostatique.

Les grosses pluies mettent le terrain et le réseau pluvial à l’épreuve. Quelques repères pour Montréal :

  • 1 040,9 mm par année : c’est la moyenne des précipitations à Montréal, et octobre est le mois le plus arrosé avec 103,1 mm (normales 1991-2020 d’Environnement Canada).
  • 100 à 170 mm en deux jours : c’est ce qui est tombé sur l’ouest de l’île de Montréal les 20 et 21 juin 2026. Le réseau pluvial n’a pas pu absorber les quelque 150 mm tombés en deux heures.
  • Environ 300 maisons inondées : à Montréal, surtout dans l’ouest de l’île, des sous-sols ont pris l’eau à Pierrefonds-Roxboro, et de nombreux autres à Dollard-des-Ormeaux.
  • Un pic au printemps : c’est à la fonte des neiges que les propriétaires du Québec cherchent le plus ce problème sur Google, avec 320 recherches en avril 2026 et 260 en mars, contre 70 à 140 par mois le reste de l’année.

Une flaque sur la pelouse au milieu du terrain n’a rien d’inquiétant. Une flaque collée au mur, qui revient à chaque averse, est un signal : l’infiltration d’eau au sous-sol n’est pas encore là, mais vous lui préparez le terrain.

Le Code de construction du Québec est clair sur le principe : « Si, en raison de l’emplacement d’un bâtiment, les eaux de surface peuvent s’accumuler à proximité, il faut aménager le terrain en pente pour éviter cette accumulation. »

D’où vient l’eau du sous-sol ? Les causes à vérifier, de l’extérieur vers l’intérieur

L’eau vient du terrain (pente, gouttières, margelles), de la fondation (fissures, joint mur-plancher, membrane usée), du drain français, de la nappe phréatique ou, plus haut, du toit.

Le bon ordre de diagnostic d’une infiltration d’eau dans le sous-sol part du terrain et finit dans la fondation : il évite de payer une grosse réparation pour un problème de gouttière. Le tableau ci-dessous associe ce que vous voyez à la cause la plus probable.

Observation au sous-sol, cause probable et correctif. Synthèse établie le 21 octobre 2026 à partir du guide des signes d’infiltration de CAA-Québec (29 novembre 2024) et des fiches de la Ville de Montréal.
Ce que vous voyezCause probableCorrectif
Flaque contre le mur, terrain qui penche vers la maisonPente inversée ou remblai affaisséRegarnir et niveler le terrain
Flaque sous une descente de gouttièreDescente trop courte, gouttière qui déborde ou raccordée au drain françaisNettoyer, rallonger, débrancher
Mur du sous-sol mouillé sous une fenêtreMargelle absente, pleine ou mal drainéeInstaller ou drainer la margelle, calfeutrer la fenêtre
Suintement à un endroit précis du mur du sous-solFissure de fondationRéparer la fissure
Bas des murs mouillé ou joint mur-plancher humide, sur plusieurs côtés du sous-solSol saturé, drain français bouché, écrasé ou absentInspection par caméra, puis nettoyage ou remplacement selon l’état
Dépôts ocre au bas des murs, puisard coloré ocreOcre ferreuse dans le drain françaisNettoyage ou remplacement du tuyau
Cristaux blanchâtres sur le bétonEfflorescence sur la fondation : de l’humidité traverse le bétonTrouver la source d’humidité à l’extérieur
Retour par le renvoi de plancher du sous-solRefoulement d’égout, pas une infiltrationClapet antiretour, plombier

Le ruissellement : pente, gouttières et margelles

Le ruissellement est la première source à vérifier :

  • Le remblai : le terrain autour d’une maison s’affaisse avec les années, surtout dans le remblai qui longe la fondation.
  • Les plates-bandes : une plate-bande encadrée d’une bordure peut retenir la pluie contre le mur.
  • Les gouttières : bouchées, elles débordent juste au-dessus de la fondation.
  • Les fenêtres : une fenêtre de sous-sol trop près du sol devient un entonnoir ; CAA-Québec recommande une margelle sous toute fenêtre située à moins de 20 cm (8 po) du sol.

La fondation : fissures, joint et membrane

L’eau peut-elle traverser le béton ? Oui : le béton est poreux, et sous la pression d’un sol saturé l’humidité le traverse lentement, même sans fissure.

  • Le béton : le Code de construction prévoit de protéger contre l’humidité la face extérieure des murs de fondation situés sous le niveau du sol.
  • Les fissures : une fissure laisse entrer l’humidité dans le sous-sol dès que le sol qui l’entoure est saturé.
  • Le joint mur-dalle : c’est un point faible du sous-sol, et un mince filet y apparaît quand le sol est saturé.
  • La membrane usée : selon CAA-Québec, la membrane d’étanchéité extérieure dure environ 40 ans. Après ce délai, l’infiltration d’eau au sous-sol peut se faire par toute la surface du mur, sans fissure visible.

Pour l’eau, un sous-sol enterré présente tous ses murs sous le niveau du sol : c’est alors une infiltration d’eau par la fondation elle-même, pas par un défaut localisé.

Le drainage : un drain français bouché ou absent

Le drain français, qu’on appelle aussi drain de fondation, est le tuyau perforé posé au pied de la fondation, dans un lit de pierre. Il recueille l’eau du sol avant qu’elle n’atteigne le mur et l’évacue vers l’égout, un fossé ou un puisard.

  • Ce qui le bouche : des racines, des sédiments ou l’ocre ferreuse le colmatent, ou il s’écrase sous le poids du sol.
  • Sa durée de vie : environ 40 ans, qu’il soit en argile ou en plastique (CAA-Québec, décembre 2025).
  • Les maisons anciennes : une maison de plus de 50 ans peut ne pas en avoir du tout.

Le puisard est l’autre maillon de la chaîne. Si la pompe tombe en panne pendant un orage, la fosse se remplit et déborde dans le sous-sol. CAA-Québec recommande d’inspecter et de nettoyer le puisard et la pompe chaque année.

Le sol lui-même : nappe phréatique, argile et emplacement

Dans certains quartiers bas, la nappe phréatique remonte après de fortes pluies ou à la fonte des neiges. Elle pousse alors sous la dalle, et on retrouve de l’eau au sous-sol par le plancher plutôt que par les murs.

CAA-Québec range aussi parmi les facteurs de risque :

  • un sol argileux, qui se draine mal ;
  • un terrain en pente vers la maison ;
  • un terrain situé près d’une nappe d’eau souterraine.

Si votre maison se trouve au bas d’une pente, surveillez de près le ruissellement.

Le toit et les ouvertures hors sol

Toute l’eau d’un sous-sol mouillé ne vient pas du terrain : la pluie peut aussi entrer plus haut et descendre dans les murs jusqu’au sous-sol. Trois points d’entrée sont fréquents :

  • un solin de toiture ou de cheminée défectueux ;
  • une brique fissurée ;
  • un cadre de fenêtre mal scellé.

Les assureurs traitent d’ailleurs la pluie entrée par le toit avec une protection distincte de celle qui couvre l’eau du sol.

Infiltration, condensation ou refoulement : comment faire la différence ?

Une feuille de plastique collée au mur pendant une journée ou deux permet de distinguer une infiltration de la condensation, et un hygromètre complète le diagnostic ; le refoulement, lui, se reconnaît à l’eau qui sort d’un renvoi.

  1. Coupez une feuille de plastique d’environ un mètre carré (40 po × 40 po) et collez-la sur le mur ou sur la dalle du sous-sol.
  2. Attendez une journée ou deux, puis regardez les deux côtés de la feuille.
  3. Des gouttes sur le dessus de la feuille : l’air du sous-sol est trop humide, c’est de la condensation.
  4. Des gouttes sous la feuille : l’humidité traverse le béton depuis le sol, c’est une véritable infiltration d’eau dans le sous-sol.

Ce test vient de Ressources naturelles Canada. Complétez-le avec un hygromètre : la SCHL recommande un taux d’humidité relative entre 30 et 50 % à l’intérieur, et CAA-Québec considère qu’un hygromètre constamment au-dessus de 50 % au sous-sol est un signe d’infiltration.

Lors d’une visite, certains inspecteurs utilisent aussi une caméra thermique pour repérer l’humidité cachée derrière les finitions.

Écartez aussi une fuite de plomberie : un tuyau qui fuit mouille le sous-sol même par temps sec.

Le refoulement d’égout se reconnaît autrement :

  • Par où : le renvoi de plancher, la toilette ou la douche du sous-sol.
  • Quand : souvent pendant un orage qui sature le réseau municipal.
  • L’odeur : il sent l’égout.

À Montréal, les clapets antiretour sont obligatoires dans tous les nouveaux bâtiments depuis 2011, et la Ville demande de les vérifier deux fois par année.

Si vous voyez de l’eau dans le sous-sol quand il pleut et qu’elle vient d’un renvoi, c’est un dossier de plomberie, pas de fondation.

Urgence : que faire tout de suite quand l’eau entre dans le sous-sol ?

  1. N’entrez pas dans une pièce inondée si le niveau peut atteindre une prise, un panneau électrique ou un appareil branché.
  2. Prenez des photos de l’eau au sous-sol, du point d’entrée et de l’extérieur, puis avisez votre assureur le plus rapidement possible.
  3. Dehors, dégagez la descente pluviale qui se vide au pied du mur et éloignez temporairement la décharge avec une rallonge.
  4. Épongez ou pompez le sous-sol, sortez les boîtes et les tapis, et ventilez la pièce pour l’assécher le plus vite possible.
  5. Notez l’endroit exact du sous-sol où l’infiltration d’eau apparaît, à quel moment de la pluie et pendant combien de temps. Ces notes valent de l’or pour le diagnostic.

Ces premiers gestes relèvent de vous et de votre assureur : Excavation Chanthier n’offre aucun service d’urgence. La correction de la cause se planifie ensuite, une fois le sous-sol asséché et le point d’entrée noté.

Que se passe-t-il si on ne règle pas une infiltration d’eau ?

« Une infiltration d’eau, même minime, peut causer de sérieux dommages à votre maison », rappelle CAA-Québec. Trois conséquences :

  • Les finitions : l’humidité qui revient à chaque pluie abîme le gypse, les tapis et tout ce qui est rangé au sol.
  • Les moisissures : l’humidité les entretient. CAA-Québec recommande d’assécher les surfaces et les biens touchés pour les éviter, et un hygromètre vous dit si l’air du sous-sol reste dans la plage de 30 à 50 % recommandée par la SCHL.
  • La vente : une infiltration d’eau ignorée finit par peser au moment de vendre, puisque le vendeur doit garantir la maison contre les vices cachés (Code civil, art. 1726).

Comment garder le sous-sol au sec : les correctifs, du moins coûteux au plus complet

  1. Les gouttières.
    • Nettoyez les gouttières au moins deux fois par année, au printemps et à l’automne (Société d’habitation du Québec).
    • À Montréal, la règle de la Ville de Montréal sur les gouttières exige que l’eau soit dirigée vers une surface perméable, comme une pelouse ou une plate-bande, à au moins 1,5 m des fondations ; CAA-Québec conseille même 2 m.
    • À Montréal, il est interdit de raccorder une gouttière au drain français, de l’orienter vers la rue ou vers une surface imperméable, sous peine d’amende.
    • À Montréal, le trop-plein d’un baril récupérateur suit la même règle de 1,5 m (règlement 20-030, rappelé dans la fiche du règlement 11-010).
    • Un puits percolant enfoui loin de la maison peut aussi recevoir le débit d’une descente pluviale.
  2. La pente du terrain. Ajoutez de la terre contre la fondation et nivelez le terrain pour créer une pente qui éloigne la pluie du mur.
    • Ressources naturelles Canada : une pente de 10 % comme règle générale, soit 200 mm sur les deux premiers mètres.
    • CAA-Québec : un pouce par pied sur six pieds, environ 8 %.
  3. Les margelles et les fenêtres. Calfeutrez les fenêtres du sous-sol, ajoutez une margelle sous celles qui sont trop près du sol et vérifiez qu’elle se draine, sans débris au fond.
  4. Les batardeaux. Pour une porte ou une entrée de garage sous le niveau de la rue, un batardeau amovible bloque le ruissellement vers le sous-sol pendant un orage.
  5. Les fissures et les correctifs intérieurs. Une fissure isolée qui laisse passer l’humidité se répare. Un scellant, un enduit intérieur ou un puisard limitent les infiltrations, sans corriger la cause à l’extérieur. Si le sous-sol est mouillé sur plusieurs murs, réparer une seule fissure ne suffira pas.
  6. Le puisard et la pompe. Un puisard du sous-sol avec une pompe submersible évacue ce que le drain de fondation recueille. À Montréal :
    • la fosse de retenue doit mesurer au moins 600 × 450 × 450 mm ;
    • son trop-plein doit sortir à au moins 1,5 m de la maison, sur une surface perméable.
  7. L’imperméabilisation extérieure. Quand le sous-sol prend l’eau de partout, un chantier d’excavation résidentielle règle la cause d’un coup, sur toute la longueur des murs touchés. Il faut dégager la fondation :
    • excavation jusqu’à la semelle ;
    • pose d’une membrane ;
    • remplacement du drain français, ou installation d’un premier drain de fondation si la maison n’en a pas.
Règles municipales et repères chiffrés pour protéger le sous-sol dans le Grand Montréal, vérifiés le 21 octobre 2026.
SujetRègle ou repèreStatutSource et date
Rejet des gouttièresSurface perméable, au moins 1,5 m des fondations, jamais au drain françaisObligatoireVille de Montréal, règlement 20-030 (page mise à jour le 7 janvier 2025)
Rejet des gouttièresSurface perméable, au moins 1 m du bâtimentObligatoireVille de Laval, règlement L-11870 (consulté le 21 octobre 2026)
Rejet des descentes pluvialesInterdit de raccorder les descentes au drain françaisObligatoireVille de Longueuil, règlement CO-2021-1141, art. 117
Rejet des gouttièresAu moins 2 m de la fondationConseilCAA-Québec (3 décembre 2025)
Pente du terrainEnviron 10 % : 200 mm sur les deux premiers mètresConseilRessources naturelles Canada (23 décembre 2024)
MargelleSous toute fenêtre à moins de 20 cm du solConseilCAA-Québec (16 juin 2025)
Fosse de retenueAu moins 600 × 450 × 450 mm, trop-plein à 1,5 m sur une surface perméableObligatoireVille de Montréal, règlement 11-010
Clapets antiretourEntretien deux fois par annéeObligatoireVille de Montréal, règlement 11-010
Nettoyage des gouttièresAu moins deux fois par annéeConseilSociété d’habitation du Québec (25 mai 2026)

Comment savoir si le drain français est bouché ?

Quatre signes pointent vers un drain français bouché :

  • l’infiltration d’eau dans le sous-sol touche le bas des murs sur plusieurs côtés à chaque pluie ;
  • des dépôts ocre apparaissent au pied des murs ;
  • le puisard prend une couleur rouille ;
  • la maison a plus de 40 ans.

Ce n’est pas la première cause à soupçonner : c’est celle qui reste quand les gouttières et la pente sont corrigées. Une inspection par caméra confirme l’état du tuyau : colmaté, écrasé, déboîté ou absent.

Un drain français bouché par des sédiments peut parfois se nettoyer. Mais si le tuyau est écrasé ou si la membrane est en fin de vie, le nettoyage ne fait que repousser le problème. Le remplacement suit alors des étapes précises :

  1. Excavation le long de la fondation, jusqu’à la semelle.
  2. Nettoyage du mur, réparation des fissures exposées, puis pose d’une membrane d’étanchéité.
  3. Pose d’un nouveau tuyau d’au moins 100 mm de diamètre, recouvert d’au moins 150 mm de pierre concassée propre, comme le prévoit le Code de construction.
  4. Raccordement de l’évacuation vers l’égout ou une fosse de retenue. À Montréal, quand le règlement 11-010 exige une fosse de retenue (après un refoulement, une inondation, une transformation ou pour un bâtiment neuf), le drain de fondation doit s’y vider.
  5. Remblai, nivellement du terrain en pente et remise en état.

Ces étapes sont celles d’un remplacement de drain français sur toute la longueur des murs touchés. Chez Excavation Chanthier, un tel chantier coûte de 15 000 $ à 40 000 $, et nos travaux d’excavation et de drainage sont garantis vingt ans.

Quand appeler un expert, et que doit contenir la soumission ?

Appelez un entrepreneur quand le sous-sol prend encore l’eau après la correction des gouttières et de la pente, quand l’infiltration touche plusieurs murs ou quand des dépôts ocre apparaissent. Une démarche sérieuse suit trois étapes :

  1. Un premier échange, où vous décrivez vos observations et vos notes prises pendant la pluie.
  2. Une visite et un diagnostic sur place, avec inspection par caméra du drain français si le drainage est en cause.
  3. Une proposition écrite qui explique pourquoi la solution règle votre point d’entrée.

Une soumission de drainage pour un sous-sol résidentiel doit nommer :

  • la cause trouvée ;
  • la longueur de murs visée et la profondeur ;
  • la membrane et le type de tuyau ;
  • l’évacuation prévue ;
  • la remise en état du terrain ;
  • la garantie.

Vérifiez aussi la licence de l’entrepreneur au registre de la Régie du bâtiment du Québec avant de signer.

Combien coûte une infiltration d’eau dans le sous-sol, et que paient l’assurance et les subventions ?

Pour une infiltration d’eau dans le sous-sol, le prix va de quelques centaines de dollars à plusieurs dizaines de milliers de dollars, selon la réparation :

  • Quelques centaines à quelques milliers de dollars : pour colmater une fissure simple par l’intérieur (CAA-Québec).
  • 15 000 $ à 40 000 $ : chez Excavation Chanthier, pour un remplacement complet du drainage et de la membrane par l’extérieur.

Le tableau suivant regroupe les montants que nous avons pu vérifier, avec leur source.

Montants vérifiés le 21 octobre 2026. Les prix de CAA-Québec sont des ordres de grandeur du marché, pas des soumissions.
Correctif ou aideMontantSource
Colmater des fissures simples par l’intérieurQuelques centaines à quelques milliers de dollarsCAA-Québec (3 décembre 2025)
Dégager la fondation, poser une membrane et réparer le drain de fondationPlusieurs milliers, voire des dizaines de milliers de dollarsCAA-Québec (3 décembre 2025)
Remplacement complet du drain français15 000 $ à 40 000 $Excavation Chanthier (octobre 2026)
Margelle de fenêtre ajoutée pendant un projet de drain français100 $ par margelleExcavation Chanthier, option du calculateur, lors d’un projet de drain français
Bassin de captation et pompe submersible ajoutés pendant un projet de drain français2 900 $Excavation Chanthier, option du calculateur, lors d’un projet de drain français
Subvention RénoPlex : fosse de retenue et nouvelle pompe1 600 $ par bâtimentVille de Montréal (18 août 2026)
Subvention RénoPlex : clapet antiretour normalement fermé90 $, ou 600 $ sous une dalle existanteVille de Montréal (18 août 2026)
Aide Rénoclimat : pompe submersible avec batterieJusqu’à 1 000 $Gouvernement du Québec (13 octobre 2026)
Aide Rénoclimat : clapet antiretourJusqu’à 700 $Gouvernement du Québec (13 octobre 2026)
Subvention RénoPlex : batardeau métallique à une porte d’entrée725 $Ville de Montréal (18 août 2026)
Aide Rénoclimat : batardeau amovibleJusqu’à 800 $Gouvernement du Québec (13 octobre 2026)

Notre calculateur estime le coût d’installation à partir de deux renseignements :

  • la longueur de mur à drainer, en pieds linéaires ;
  • le type de fondation, en béton coulé ou en blocs de béton.

Vous pouvez y ajouter des options : réparation de fissures, margelles de fenêtre, bassin de captation avec pompe submersible. Le résultat détaille l’excavation, la membrane, le tuyau de drainage perforé et les raccords, puis donne le total et le prix au pied linéaire, taxes en sus.

C’est un moyen rapide d’évaluer le prix pour régler une infiltration d’eau dans le sous-sol par l’installation ou le remplacement d’un drain français.

Est-ce que l’assurance habitation prend en charge les infiltrations d’eau ?

Au sous-sol, une infiltration par le sol n’est couverte que si votre contrat comprend l’avenant « Dommages par l’eau – Eau du sol et égouts ». Trois chiffres pour situer le risque :

  • No 1 : les dégâts d’eau sont la principale cause de réclamation en assurance habitation au Québec (CAA-Québec, avril 2026).
  • 25 000 réclamations par année : au Québec, en moyenne, pour des infiltrations d’eau par le sol ou des refoulements d’égout (Bureau d’assurance du Canada, données citées en juin 2026).
  • Près de 409 millions de dollars : en dommages assurés pour les seules pluies des 20 et 21 juin 2026, au Québec (Bureau d’assurance du Canada).

À faire avant le printemps : relisez votre contrat. Pour une infiltration d’eau dans le sous-sol, l’assurance ne paie que ce que vous avez acheté.

Les subventions en vigueur

Deux programmes aident à payer certains travaux qui protègent le sous-sol contre les inondations.

RénoPlex, volet 5 (Ville de Montréal) : « Bâtiment résilient face aux inondations »

  • Jusqu’à 20 000 $ pour un bâtiment d’un logement.
  • Jusqu’à 30 000 $ pour un bâtiment de deux à cinq logements.
  • Au plus 50 % du coût des travaux admissibles.

Rénoclimat (gouvernement du Québec)

  • Un volet d’adaptation aux inondations s’ajoute au programme depuis le 1er octobre 2026.
  • Le portail de demande n’était pas encore ouvert au 21 octobre 2026.
  • Aide offerte : jusqu’à 1 000 $ pour une pompe submersible avec batterie, 700 $ pour un clapet antiretour et 800 $ pour un batardeau amovible.

Infiltration découverte après l’achat : est-ce un vice caché ?

Au Québec, le vendeur doit garantir que la maison est exempte de vices cachés au moment de la vente (Code civil du Québec, art. 1726). La garantie couvre les vices cachés qui :

  • rendent la maison impropre à l’usage ;
  • ou en diminuent tellement l’utilité que l’acheteur ne l’aurait pas achetée, ou pas à ce prix.

Le vendeur ne garantit pas un vice apparent, c’est-à-dire un vice qu’un acheteur prudent et diligent pouvait constater sans recourir à un expert.

Si vous découvrez une infiltration d’eau dans le sous-sol après l’achat, vous devez la dénoncer au vendeur par écrit, dans un délai raisonnable depuis sa découverte (art. 1739).

  • Le délai : quand le problème apparaît graduellement, il commence le jour où vous avez pu en soupçonner la gravité et l’étendue.
  • Les preuves : gardez tout : photos datées, notes, rapports d’inspection et soumissions.
  • La suite : consultez un avocat ou un notaire.

Comment protéger le sous-sol des infiltrations, saison par saison ?

La meilleure protection contre une infiltration d’eau dans le sous-sol reste un entretien régulier, réparti sur l’année.

  • Printemps : nettoyez les gouttières, vérifiez que la pente du terrain n’a pas bougé après le dégel, videz les margelles et testez le clapet antiretour et la pompe du puisard.
  • Été : pendant un orage, observez où la pluie ruisselle autour de la maison. C’est le meilleur moment pour repérer une descente qui se vide au mauvais endroit.
  • Automne : retirez les feuilles des gouttières et des margelles, puis vérifiez le clapet une deuxième fois. Octobre est le mois le plus pluvieux à Montréal.
  • Toute l’année : gardez un hygromètre au sous-sol et notez tout cristal blanchâtre ou dépôt ocre sur le béton.

FAQ : l’eau au sous-sol après la pluie

Comment stopper une infiltration d’eau par le sol ?

Quand l’humidité monte par la dalle du sous-sol, la cause est sous la maison : nappe phréatique haute ou sol saturé que le drain français n’arrive plus à assécher.

Un puisard avec pompe submersible soulage la pression sous la dalle. La solution durable reste un drain de fondation qui fonctionne et une évacuation vers une fosse de retenue.

Est-ce que l’assurance est couverte en cas de fuite d’eau dans un mur ?

Tout dépend d’où vient l’eau, et une fuite de tuyau à l’intérieur d’un mur n’est pas une infiltration. Selon CAA-Québec :

  • Par le toit : la pluie relève de l’avenant « Eau au-dessus du sol ».
  • Par la fondation : l’eau qui la traverse relève de l’avenant « Dommages par l’eau – Eau du sol et égouts ».

Photographiez tout et demandez à votre assureur quelle protection s’applique à votre contrat.

Faut-il couper l’électricité quand le sous-sol est inondé ?

Pas vous-même si l’inondation a commencé : ne touchez à rien et appelez Hydro-Québec au 1 800 790-2424 pour faire interrompre le service (Québec.ca).

Une fois le service interrompu, seul un maître électricien peut rétablir le courant.

Qui est responsable en cas d’infiltration d’eau ?

Sans faute d’un tiers, les réparations restent à votre charge. Deux personnes peuvent toutefois en répondre :

  • Le vendeur : il répond d’un vice caché qui existait au moment de la vente (Code civil du Québec, art. 1726).
  • Le voisin du terrain plus haut : votre terrain doit accepter l’écoulement naturel, mais ce voisin ne peut pas l’aggraver (Québec.ca).

Quelles sont les exclusions de l’assurance dégât des eaux ?

Selon CAA-Québec, l’assureur ne paie jamais :

  • les fuites ou les débordements continus ou répétés, connus ou non ;
  • les dommages apparus au fil du temps plutôt que de façon subite ;
  • l’usure, la rouille, l’humidité et la moisissure, sauf si un sinistre couvert les a causées.

Sans l’avenant adapté, l’infiltration par le sol n’est pas couverte non plus.

En résumé

De l’eau qui s’accumule le long de la fondation après la pluie est un avertissement, pas une fatalité. Face à une infiltration d’eau dans le sous-sol, vérifiez dans l’ordre :

  1. les gouttières et les descentes pluviales ;
  2. la pente du terrain ;
  3. la fondation et le drain français.

Quand le sous-sol prend encore l’eau sur plusieurs murs après les deux premières corrections, il faut corriger la fondation ou le drainage à la source, plutôt que de colmater de l’intérieur. Observez, notez, testez, puis faites appel à un entrepreneur licencié.

Sources

  • Code de construction du Québec, Chapitre I – Bâtiment, et Code national du bâtiment – Canada 2020 (modifié), articles 9.13.2.1, 9.14.3.2, 9.14.3.3 et 9.14.6.1, Conseil national de recherches du Canada. Consulté le 21 octobre 2026.
  • Ville de Montréal — Gouttières extérieures : la bonne façon de les installer (7 janvier 2025) ; Clapet antiretour (15 juillet 2025) ; fiche du règlement 11-010 (consultée le 21 octobre 2026) ; RénoPlex, volet 5 (3 décembre 2024) et montants par type de travaux (18 août 2026).
  • Ville de Laval, règlement L-11870 ; Ville de Longueuil, règlement CO-2021-1141. Consultés le 21 octobre 2026.
  • CAA-Québec — Prévenir les infiltrations d’eau au sous-sol (3 décembre 2025) ; guide sur les signes d’infiltration et leurs solutions (29 novembre 2024) ; Prévenir les dégâts d’eau à la maison (16 juin 2025) ; Dégâts d’eau et assurance habitation (17 avril 2026) ; 5 dommages jamais couverts par les assureurs (21 novembre 2024).
  • Ressources naturelles Canada — Emprisonnons la chaleur, section 6 (23 décembre 2024). SCHL — La moisissure dans les maisons (consulté le 21 octobre 2026). Société d’habitation du Québec — L’entretien et le nettoyage des gouttières (25 mai 2026).
  • Gouvernement du Québec — Rénoclimat, adaptation aux inondations (13 octobre 2026). Code civil du Québec, articles 1726 et 1739, LégisQuébec (à jour au 12 août 2026). Québec.ca — Rapports de voisinage, écoulement (6 décembre 2024) ; Protéger sa maison et ses biens en cas d’inondation (23 octobre 2025).
  • Environnement et Changement climatique Canada — Normales climatiques 1991-2020, Montréal-Trudeau (consulté le 21 octobre 2026).
  • La Presse — « Le Grand Montréal frappé par des inondations » (20 juin 2026) et « Un mois plus tard, les inondés ramassent toujours les dégâts » (24 juillet 2026, chiffre du Bureau d’assurance du Canada). Radio-Canada — « Pluies torrentielles : plusieurs centaines de résidences inondées dans le Grand Montréal » (21 juin 2026).
  • Bureau d’assurance du Canada — Personal Property Insurance in Québec (2025), cité par infoassurance.ca, consulté le 21 octobre 2026.